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Les acteurs du
harcèlement moral au travail
I.Qui sont les victimes ?
Il n'y a pas de profil type du harcelé. Contrairement à une
opinion répandue, les victimes ne sont pas forcément des personnes
fragiles.
Les travaux les plus récents (Seïler- Vandal, 2000 ;Hirigoyen,
2001 ;Chiaroni,2001)1indiquent « qu’il n’ya pas de profil type du
harcelé ».
Contrairement à une
opinion répondue, les victimes ne sont pas forcément des personnes
fragiles. Selon Hirigoyen « les harcelés sont généralement des «
grandes gueules» ou pour le moins des fortes personnalités…La
victime, c’est en fait bien souvent c’est lui qui résiste
notamment à ses collègues…mais aussi à son supérieur hiérarchique,
ou encore à la pression de ses subordonnés ». Ainsi, homme ou
femme, jeune embauché, cadre nouvellement promu ou ancien
approchant de la retraite, personne n’est à l’abri d’un
harcèlement moral dans son entreprise.
Leymann est également de cet avis et affirme que « les théories de
personnalité ne sont pas très valables pour analyser les sources
du harcèlement psychologique au travail ». Cependant, (Quenneville
et Roberge, 2002),
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dans une revue de la documentation traitant de
la violence au travail, relèvent que « les victimes de harcèlement moral
posséderaient certaines caractéristiques spécifiques, qui
permettraient d’expliquer leur vulnérabilité face aux agresseurs,
ce qui ferait d’elles des cibles potentielles ».
Tout d’abord, il y’à certaines caractéristiques personnelles comme
le sexe et l’âge. En effet, une nette différence de la répartition
des sexes est constatée dans la majorité des études.
Dans son étude, hirigoyen5affirme que les femmes représentent 70%
des victimes et a écrit : « les cibles privilégiées sont les
femmes enceintes, les délégués syndicaux et les personnes de plus
de 50 ans. Mais les femmes sont d’avantage harcelées dans un
registre sexiste ».
Aussi, dans l’enquête de Chiaroni6effectuée auprès des médecins du
travail de la région PACA, les femmes représentent 73% des
victimes.
La seconde caractéristique est l’âge. Les salariés de plus que 50
ans sont devenus les indésirables des entreprises de nos jours.
Hirigoyen confirme cette tendance et révèle un plus grand nombre
de cas de harcèlement dans la tendance d’âge entre 46 et 55 ans
(43% des cas rencontrés contre aucun cas avant 25 ans, 8% de cas
ente 26 et 35 ans, 29% entre 36 et 45 et 19% après 56 ans).
En somme, les victimes adoptent généralement « une attitude qui
renforce les comportements déplacés des agresseurs. Par exemple,
en éprouvant des sentiments de culpabilité, elles vont soit se
replier sur elles- mêmes, soit faire preuve d’un zèle excessif à
l’égard de leur travail, ce qui les rend plus vulnérables à la
critique et, de fait, à l’agression ».
II. Qui harcèle
?
Même si les caractéristiques de la victime semblent être
essentielles pour expliquer le harcèlement moral, les
caractéristiques de l’agresseur restent également un facteur
déterminant dans l’émergence de ces comportements.
En effet, des caractéristiques individuelles peuvent transformer
un individu en harceleur. Tels que la maladie mentale, les
difficultés vécus dans l’enfance de la personne (les problèmes de
la personne, la frustration et la consommation de drogue, d’alcool
ou de médicament).
Hirigoyen reprend ces points et décrit l’agresseur comme un
individu pervers, narcissique et névrosé et affirme que le
harceleur peut être perçu comme « un psychotique sans symptômes,
qui trouve son équilibre en déchargeant sur un autre la douleur
qu’il ne ressent pas et les contradictions internes qu’il refuse
de percevoir. Il « ne fait pas exprès » de faire mal, il fait mal
parce qu’il ne sait pas faire autrement pour exister. Il était
lui-même blessé dans son enfance et essaye de se maintenir ainsi
en vie. Ce transfert de douleur lui permet de se valoriser aux
dépens d’autrui ».
Parallèlement, Selon C. Antok, « l’agresseur est une personne
perverse, narcissique, qui prétend toujours avoir raison et ne
reconnaît jamais les efforts des autres. La satisfaction de ses
envies passe avant toute autre priorité, au détriment des autres.
Il les
détruits sans jamais se sentir coupable ».
Ainsi, Les recherches sur la personnalité nous ont toute fois
amenés à considérer que certains individus sont plus enclins à
poser des gestes d’agression. En effet, Bjôrkqvist, Österman et
KauKianien (1997)10, considèrent que «les personnes montrant un
niveau d’empathie plus faible, c'est-à-dire celles ayant une
difficulté à percevoir l’émotion d’autrui, seraient d’avantages
portées à poser des gestes d’agression ».
Toutefois, Skarlicki et Folger (1999)11, mentionnent qu’il existe
une nette distinction entre les individus ayant un profil
d’agresseur potentiel et ceux ayant le profil typique de la
pathologie de l’agresseur.
En fait, les premiers auront tendance à poser des actes délictueux
sous l’influence de facteurs de l’environnement (climat malsain,
mauvaise organisation), alors que les derniers auront une
prédisposition à poser des gestes agressifs indépendamment du
contexte.
De plus, Nazare Aga (1997)12 affirme que « les dispositions
psychologiques propres au profil type de la pathologie de
l’agresseur sont : la déresponsabilisation, la culpabilisation
d’autrui, l’égocentrisme ainsi que la communication ambiguë. Toute
fois, le profil de la personnalité pathologique de type
narcissique serait l’un des plus enclins au comportement agressif,
tel le harcèlement moral ».
Nous retrouvons également le facteur qui englobe les composantes
des interactions sociales entre les membres de l’organisation, un
climat de travail tendu, des sentiments de jalousie et un manque
de communication, d’écoute et de solidarité.
Le harcèlement moral au travail se pratique :
- entre collègues d'un même niveau hiérarchique
- entre supérieur hiérarchique et subordonné
- mais également de subordonné à supérieur hiérarchique.
Il arrive également qu'un collectif de travail, qu'un groupe à
l'intérieur de l'entreprise, isole un collègue et en fasse son "bouc
émissaire".
III. Les témoins
Il est important de réaliser que les témoins des situations de
harcèlement jouent également un rôle dans la manifestation du
phénomène. En effet, en se taisant par peur de devenir eux-mêmes
victimes ou encore par peur de représailles, ils contribuent
implicitement à encourager l'agresseur à exercer sa terreur en
s'abstenant d'apporter une aide quelconque à la victime.
Une telle réaction de la part des témoins peut donc nuire au
maintien d’un milieu de travail exempt de harcèlement.
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